Technologies pour l’enseignement

Vos étudiant-e-s étant des natifs du numérique, il est logique de se demander si les technologies éducatives peuvent soutenir votre enseignement. Vos étudiant-e-s connaissent sans doute déjà une large gamme d’outils numériques. Ainsi, l’intégration de technologies éducatives dans votre enseignement est généralement très appréciée, pour autant qu’elle soit judicieuse et tire parti de l’outil le plus adéquat selon les situations. En plus d’améliorer la motivation et l’engagement des étudiant-e-s, les TIC peuvent également apporter une plus-value éducative dans le développement de la pensée critique et créative.

Particulièrement dans le cadre de l’EPFL, où les technologies de pointe sont non seulement utilisées, mais souvent développées à partir de zéro, votre cours peut largement bénéficier des outils à votre disposition.

Parmi les TIC couramment utilisées pour soutenir l’apprentissage :

  • les sites de cours sur moodle (la plateforme d’apprentissage en ligne de l’EPFL).
  • les clickers ou les logiciels de vote sur smartphone.
  • les simulations interactives ou d’autres « objets pédagogiques réutilisables ».
  • les MOOCs (formations en ligne ouvertes à tous).

Créer votre propre page de cours

A l’heure actuelle, la disponibilité d’un site de cours en ligne est souvent considérée comme un « service minimum ». Rien de plus simple à l’EPFL, puisque tous les cours ont automatiquement un site créé pour eux sur une plateforme appelée moodle. Il suffit à l’enseignant-e d’y ajouter du contenu. Moodle étant utilisé par de nombreux enseignant-e-s à l’EPFL, les étudiant-e-s se familiarisent rapidement avec cet outil. A l’EPFL, la plateforme moodle est mise à disposition et soutenue par le Centre pour l’éducation à l’ère digitale (CEDE). Pour davantage d’informations sur moodle, cliquez ici. Pour accéder directement au moodle de l’EPFL, cliquez ici.

Vous pouvez organiser votre site moodle chronologiquement (une section différente pour chaque semaine) ou par thème (pour toute aide contactez un responsable moodle).

De nombreux enseignant-e-s se contentent d’utiliser moodle comme recueil de ressources pour les étudiant-e-s, en mettant simplement les supports de cours (diapositives, notes de cours, exercices, solutions ou lectures) sur le site moodle pour les rendre facilement accessibles par les étudiant-e-s. Il est important de s’assurer que les fichiers que vous publiez sont accessibles à partir de différents types d’appareils. Par exemple, il est généralement plus judicieux de mettre en ligne un PDF de diapositives plutôt qu’un fichier PowerPoint ou Keynote.

Moodle offre aussi toute une gamme d’autres fonctions. Par exemple, vous pouvez utiliser moodle pour communiquer avec vos étudiant-e-s via le « forum des nouvelles » de votre cours. Seul l’enseignant-e peut publier sur ce site et tous les étudiants inscrits y ont accès par défaut. C’est donc un excellent moyen de faire passer un message à l’ensemble des étudiant-e-s.

Vous pouvez également utiliser moodle pour gérer les soumissions des travaux que vous demandez aux étudiants (appelés « devoirs »). Vous pouvez ainsi définir un « devoir » que les étudiants peuvent soumettre sur moodle, ce qui vous permettra de suivre en ligne qui a rendu quoi et quand.

Moodle peut aussi être utilisé pour permettre aux étudiant-e-s de communiquer avec vous ou entre eux. Pour chaque séance d’exercice, par exemple, vous pouvez créer un forum de discussion où les étudiant-e-s peuvent publier des problèmes et obtenir des conseils ou suggestions d’autres étudiant-e-s, de vous ou de vos assistant-e-s. Si vous optez pour cette solution, il est judicieux de fixer des règles de base (comme par exemple « donner des pistes ou suggestions, mais pas la réponse »). Il sera peut-être nécessaire d’encourager les étudiant-e-s à utiliser ces forums de discussion dans les premières semaines de votre cours.

En outre, votre page moodle peut servir aux étudiant-e-s à obtenir un feedback sur leur apprentissage, à travers des quiz (appelés « tests ») qui peuvent être organisés sur une base hebdomadaire, ou encore comme tests intermédiaires.

En fait, alors que de nombreux enseignant-e-s se contentent d’utiliser moodle pour fournir des ressources statiques aux étudiant-e-s, la plateforme est conçue pour soutenir l’apprentissage interactif par un large éventail d’outils comme des wikis, des ateliers d’évaluation par les pairs et des chats. La gamme complète des activités didactiques prises en charge par moodle est décrite ici. Si vous avez envie de savoir comment exploiter moodle au mieux, n’hésitez pas à contacter un-e conseiller/ère pédagogique.

Moodle n’est pas le seul outil de soutien à l’apprentissage accessible en interne. Le KIS (Knowledge Information System) a créé l’application MyEPFL, grâce à laquelle les enseignant-e-s peuvent stocker leurs fichiers pour les utiliser via une connexion Internet, les partager avec qui il veulent, créer des groupes de travail ou travailler en collaboration sur un agenda partagé.

Graasp est un autre outil, dédié au travail de groupe et développé originellement à l’EPFL, qui fournit un environnement attrayant pour le partage de différents types de ressources par et pour les enseignants et les étudiants. Les ressources postées peuvent être visualisées et annotées par les aures utilisateurs de l’environnement. Cela permet aux étudiants d’être actifs dans la construction de ressources pour un cours plutôt que d’être des consommateurs passifs des ressources que vous postez pour eux. Les étudiants impliqués dans des projets en groupe peuvent créer et configurer leur propre environnement Graasp pour partager les idées et les ressources au sein de leur groupe.

Il existe aussi d’autres outils pour l’enseignement en ligne en dehors de l’EPFL. Ceux-ci peuvent vous être utiles, mais nous ne vous en recommandons aucun en particulier :

  • Grouproom fournit une plateforme de travail de groupe pour les étudiant-e-s
  • Piazza permet la communication entre enseignant-e-s et étudiant-e-s. Les étudiant-e-s peuvent poser pendant les cours des questions auxquelles les enseignants répondent, et les enseignant-e-s peuvent poser des questions et faire des sondages en ligne (un peu comme le système Clickers utilisé à l’EPFL, mais avec quelques fonctionnalités différentes).
  • Google Drive vous permet de publier du contenu et de le partager avec les étudiant-e-s, tandis que Google Docs permet à différents étudiant-e-s de travailler simultanément sur un document partagé.
  • SWITCH Drive offre la possibilité à tous les membre de la communauté de l’enseignement supérieur Suisse de stocker et de partager des fichiers, avec des fonctionnalités similaires à celles de dropbox et de myEPFL.

Systèmes de vote en classe (clickers)

Les clickers encouragent les étudiant-e-s à participer au cours en donnant des réponses à des questions interactives. Les étudiant-e-s peuvent donner leurs réponses à l’aide d’un boîtier ou d’une application pour smartphone. Les réponses sont affichées instantanément sur un graphique. Le partage du graphique avec les étudiant-e-s peut favoriser l’apprentissage de deux façons :

  1. Impliquer les étudiant-e-s durant le cours : attirer ou relancer l’attention des étudiant-e-s en posant une question ‘clickers’ pour rappeler des informations du cours précédent, pousser leur curiosité ou révéler des incompréhensions. Le graphique généré peut être utilisé pour susciter une discussion générale ou en petits groupes.
  2. Evaluation formative des étudiant-e-s : Après avoir présenté une notion importante, une question ‘clickers’ peut fournir un retour immédiat aux étudiant-e-s sur leur compréhension, et une information intéressante à l’enseignant-e sur la progression des étudiants.

Des études montrent que l’apprentissage est favorisé quand des clickers sont utilisés pour impliquer activement les étudiant-e-s, car cela leur permet de traiter et d’appliquer les nouvelles idées. De plus, les étudiant-e-s se sentent plus impliqués et ont tendance à être plus assidus aux cours.

Pour en savoir plus sur la façon d’obtenir et d’utiliser des clickers à l’EPFL, voir ici.

Les clickers sont souvent utilisés conjointement avec des « tests conceptuels » visant à tester les connaissances des étudiant-e-s sur l’application des concepts. Des exemples de tests conceptuels se trouvent sur :

  • CiHUB, une communauté de développeurs américains de tests conceptuels pour l’enseignement supérieur
  • ChemCollective, un projet de l’Université Carnegie Mellon pour soutenir l’enseignement de la chimie.

Les clickers ne sont pas le seul outil que vous pouvez utiliser pour obtenir un retour de la part de vos étudiants. SpeakUp est une application développée conjointement par l’UNIL et l’EPFL qui permet de créer des espaces d’échanges temporaires et anonymes sur internet. Il s’agit d’un service gratuit, très facile à utiliser avec un smartphone ou une tablette. Une fois un espace de discussion créé, vous pouvez indiquer à vos étudiants qu’ils peuvent l’utiliser pour poser leurs questions pendant le cours. Les étudiants peuvent voir et voter pour les questions des uns et des autres. Vous pouvez ainsi vérifier les questions posées par les étudiants et répondre aux questions les plus populaires, soit directement en prenant quelques minutes pendant le cours, soit lors cours suivant. Notez que les espaces d’échanges sont automatiquement supprimés 24 heures après leur création.

Simulations et « objets pédagogiques réutilisables »

Eprouver les concepts en situation réelle est très précieux pour les apprenant-e-s. Les étudiant-e-s qui ont vu un concept à l’œuvre en comprennent généralement mieux les principes et peuvent les reproduire plus facilement dans la pratique. Toutefois, le nombre d’expériences et de démonstrations qu’un-e enseignant-e peut espérer faire en classe est limité.

C’est pourquoi les simulations et laboratoires virtuels peuvent être utiles. Les simulations peuvent montrer aux étudiant-e-s ce qui se passe, mais aussi permettre aux enseignant-e-s et étudiant-e-s d’explorer ou de modifier certains paramètres (pour augmenter ou supprimer la friction du mouvement d’un pendule, par exemple) afin que les étudiant-e-s comprennent mieux les divers facteurs en jeu dans une situation donnée. A titre d’exemples:

  • le projet Phet à l’Université du Colorado contient des simulations qui peuvent être utilisées en physique, chimie, mathématiques, biologie et sciences de la Terre
  • ChemCollective, un projet piloté par l’Université Carnegie Mellon, contient des laboratoires virtuels, des tests de concepts et des simulations pour l’enseignement de la chimie.

Les simulations virtuelles ne sont qu’un exemple d’« objets pédagogiques réutilisables », c’est-à-dire des images, des vidéos ou des logiciels qui peuvent être utilisés dans différents contextes et de différentes manières par différents enseignant-e-s. Vous pouvez les trouver de différentes manières :

  • l’Université de Cambridge, la London Metropolitan University et l’Université de Nottingham ont collaboré sur le développement de RLG-CETL, un recueil d’objets pédagogiques réutilisables.
  • Open Washington est un réseau de ressources éducatives libres basé aux Etats-Unis qui propose des liens vers des manuels, supports de cours, vidéos et images librement utilisables.
  • Des vidéos et simulations se trouvent également sur des sites grand public, comme Youtube.

Notez qu’il existe différentes licences Creative Commons pour protéger les droits d’auteur lors de la publication ou la réutilisation d’articles, de notes de cours ou de tout matériel pédagogique.

Cours en ligne ouverts et massifs (MOOCs)

Les Formations Ouvertes en Ligne Ouvertes pour Tous (FLOTs en français, MOOCs en anglais) sont un phénomène relativement récent qui fait l’objet de toutes les attentions, notamment dans l’enseignement supérieur.

L’idée des MOOCs est similaire à celle des cours vidéo, mais avec quelques différences importantes. Un MOOC est généralement constitué d’un certain nombre de ressources en ligne, organisées en unités thématiques et publiées sur le Web à intervalles réguliers (en général une fois par semaine) pour toute personne intéressée par le sujet. Un élément très important est celui des devoirs que les étudiant-e-s doivent soumettre chaque semaine pour attester de leur participation au cours et obtenir leur évaluation. Les MOOCs ont également une orientation sociale, car ils offrent une plateforme permettant aux étudiant-e-s de poser des questions et de créer des fils de discussion. Des tests en ligne peuvent être intégrés aux cours pour donner aux étudiant-e-s un feedback régulier sur leur compréhension de la matière.

Les MOOCs déjà publiés offrent un recueil riche, plein d’idées et de ressources soigneusement sélectionnées, sur la façon dont d’autres enseignent (en ligne). En outre, ils vous permettent de devenir membre d’une communauté éducative très dynamique qui partage en permanence ses expériences et ses idées sur la façon d’améliorer l’enseignement. Pour avoir des idées sur la façon d’enseigner dans votre domaine, vérifiez si un MOOC sur le sujet. Si vous disposez déjà de supports de cours ou autres ressources éprouvées, pourquoi ne pas partager votre savoir en créant votre propre MOOC, qui peut être limité à un public interne (étudiant-e-s de l’EPFL) ou diffusé plus largement.

A l’EPFL, le Centre pour l’éducation à l’ère digitale (CEDE) a été créé pour consolider les compétences et le savoir-faire EPFL ainsi que pour développer des technologies et des pratiques dans le domaine des MOOCs. Les enseignant-e-s EPFL peuvent soit créer leur propre MOOC avec l’appui et les conseils du CED, soit trouver sur Internet des MOOCs pertinents pour leur cours, qui pourraient être mis à profit comme ressource supplémentaire pour enrichir le matériel pédagogique existant.

Vous pouvez rechercher des MOOCs existants sur des plateformes comme Coursera, edX, Khan Academy, FUN (France Université Numérique) ou OCEAN.