Développer la participation des étudiants

Capter l’attention des étudiants est un élément important de l’efficacité pédagogique. Cependant, il peut parfois sembler que les étudiant-e-s sont inattentifs, réticents à lever la main, ne posent pas de questions et ne prennent aucune initiative, ou restent silencieux quand vous posez une question. Il peut également vous sembler que certains étudiant-e-s évitent le contact visuel avec vous ou fuient votre regard quand vous posez des questions.

Il est important de noter que certains de ces comportements peuvent être d’origine culturelle. Dans certains pays, il est habituel pour les étudiant-e-s de poser des questions aux enseignant-e-s, de demander des précisions ou d’exprimer spontanément leurs idées en classe. En Suisse (comme dans de nombreux autres pays), ce n’est pas si fréquent et beaucoup d’étudiant-e-s n’ont pas l’habitude de répondre aux questions de l’enseignant-e ou de poser des questions quand ils ne comprennent pas. Dans certaines cultures, le contact visuel avec un représentant de l’autorité est considéré comme impoli. Ainsi, même si les étudiant-e-s restent silencieux et évitent votre regard, cela ne signifie pas qu’ils n’écoutent pas attentivement.

Toutefois, une classe silencieuse peut être frustrante pour l’enseignant-e, surtout si vous sentez que vous n’obtenez pas d’informations sur ce que les étudiant-e-s assimilent et les points qui leur posent problème. Voici quelques idées qui peuvent vous aider à obtenir une participation plus active des étudiant-e-s :

  • Il faudra peut-être du temps aux étudiant-e-s pour prendre l’habitude de participer en classe. Si vous voulez qu’ils ou elles s’investissent, intégrez des activités participatives dès le début du semestre et poursuivez-les au moins quelques semaines. Une fois que les étudiant-e-s s’habituent à participer, cela devient plus facile.
  • Parfois, les enseignant-e-s posent des questions rhétoriques auxquelles ils répondent immédiatement dans le cadre de leur cours. Ainsi, lorsque qu’ils souhaitent réellement des réponses des étudiant-e-s, la classe prend souvent ceci pour une autre question rhétorique qui n’appelle pas de réponse de sa part. Si vous voulez que les étudiant-e-s répondent à une question en classe, il faut donc que ce soit clair pour eux. Introduisez la question par une formule du type « OK, je vais poser une question et j’attends de vous que vous me donniez la réponse ».
  • Si vous posez une question, donnez aux étudiant-e-s le temps de réfléchir avant de demander une réponse. Il vous faudra peut-être accepter quelques moments de silence gêné (environ 10 secondes) pendant qu’ils ou elles réfléchissent, mais si vous répondez trop vite à votre propre question, la prochaine fois ils se contenteront d’attendre. Si vous n’obtenez pas du tout de réponse, vous pourriez peut-être proposer une approche « think, pair, share » (décrite ci-dessous) plutôt que de donner votre propre réponse.
  • Si les étudiants sont réticents au fait de poser des questions en public, vous pouvez utiliser l’application SpeakUp pour créer un espace temporaire et anonyme de partage de questions sur internet. Via cette application, les étudiants peuvent soumettre des questions anonymement ou bien voter pour les questions posées par d’autres. Vous pouvez prendre quelques minutes pendant un cours pour traiter les questions les plus populaires de vos étudiants.
  • Si un-e étudiant-e pose une question ou répond à une question, il faut lui faire savoir que sa contribution est appréciée. Essayez d’éviter les réponses qui suggèrent que la question est redondante (comme « OK, je viens de l’expliquer mais permettez-moi d’y revenir ») ou que leur réponse paraît stupide. Bien entendu, vous n’allez pas dire à un-e étudiant-e qu’une réponse fausse est juste, mais vous pouvez le lui faire savoir en douceur, en disant par exemple : « Beaucoup de gens donnent la même réponse, c’est une erreur très commune », ou « Vous y êtes presque, mais pas tout à fait ».
  • Un-e étudiant-e peut ne pas savoir si la question qu’il ou elle pose est bonne ou hésiter sur la façon de la formuler. Si vous leur demandez d’avoir d’abord une brève discussion avec un-e camarade de classe avant d’inviter toute la classe à poser des questions, cela leur donne la possibilité de formuler leur question et d’avoir des commentaires sur sa pertinence avant de parler devant toute la classe. Cela peut leur donner la confiance nécessaire pour prendre la parole (cette approche est appelée « think, pair, share »).
  • Dans les classes plus grandes, vous pouvez utiliser des « clickers » et des tests conceptuels pour amener les étudiant-e-s à réfléchir au contenu du cours, à l’appliquer et à vous donner un retour sur leur compréhension de la matière.
  • Si vous ne voulez pas passer du temps sur des questions et discussions en classe, mais souhaitez tout de même un retour des étudiant-e-s sur ce qu’ils comprennent ou non, demandez-leur à la fin du cours d’écrire un bref résumé des principaux points du cours et des points qui leur ont posé problème. Vous pouvez recueillir ces résumés de façon anonyme. Du point de vue de l’étudiant-e, faire un tel résumé l’aide à organiser ses pensées et à mieux comprendre le contenu du cours. De votre point de vue, c’est une excellente source de commentaires anonymes (cette approche est appelée « petit papier »).

Les étudiant-e-s s’investissent pour diverses raisons, mais surtout ils ou elles ont tendance à travailler plus s’ils voient l’applicabilité et l’utilité de ce que vous leur demandez de faire. Vous pouvez trouver d’autres idées dans la section « Comment motiver mes étudiant-e-s ».