Cours ex cathedra

Qu’est-ce qu’un bon cours ?

Bien que ce soit la méthode d’enseignement la plus appréciée et la plus courante, il n’est pas évident de donner un bon cours. Il s’agit de combiner les éléments suivants : connaissance du sujet, conscience du programme d’études et motivation des étudiant-e-s, le tout servi par une communication efficace.

Lorsque les étudiant-e-s de l’EPFL apprécient vivement un enseignement, ils relèvent habituellement les caractéristiques suivantes du cours :

  • le contenu est perçu comme nouveau, intéressant ou important.
  • le cours est jugé bien organisé et bien structuré.
  •  les explications de l’enseignant-e sont claires (il ou elle s’exprime de sorte à ce que la classe comprenne et, à défaut, est capable de donner d’autres explications).
  • l’enseignant-e est enthousiaste ou dynamique.
  • l’enseignant-e ou ses assistant-e-s sont disponibles et disposé-e-s à répondre aux questions ou donner des conseils.
  • les supports de cours (polycopié, site Moodle) sont adéquats.

Sur cette page nous examinons trois points clés d’un bon cours :

  • Structurer et organiser vos cours ;
  • Assurer un apprentissage actif de vos étudiant-e-s en classe ;
  • Encourager et faciliter la prise de notes par les étudiant-e-s.

Organisation du cours

La structure d’un cours peut varier selon la discipline et la matière, mais en général les articulations principales en sont les suivantes :

  1. Introduction du sujet du jour.
  2. Elaboration du sujet.
  3. Conclusion ou résumé.

Vous trouverez ci-dessous quelques idées pour vous aider à organiser votre cours.

1. Introduction du sujet :

  • Indiquez clairement l’objectif du cours et ce que vous attendez que les étudiant-e-s sachent ou sachent faire au terme de la leçon.
  • Faites un lien explicite entre la matière déjà couverte et le contenu du cours d’aujourd’hui. Cela aidera les étudiant-e-s à établir des liens entre leurs connaissances, ce qui améliore leur apprentissage.
  • Activez les connaissances antérieures des étudiant-e-s qui sont pertinentes pour le contenu du cours. Par exemple, si le cours aborde une technique mathématique qu’ils ou elles ont déjà vue, mais peut-être à moitié oubliée, faites-le leur savoir au début. Une autre façon d’activer les connaissances antérieures est de commencer par effectuer un bref « test conceptuel ». Vous pouvez utiliser les clickers comme support par exemple.
  • Donnez aux étudiant-e-s une raison d’être attentifs, par exemple au moyen d’une analogie, d’une bande dessinée, d’une expérience ou d’une mini étude de cas. Faites une référence explicite à l’importance académique ou professionnelle d’assimiler le sujet du cours (pour leur donner une bonne raison de l’apprendre).

2. Elaboration du sujet :

Ce devrait être la partie la plus longue du cours.

  • Procédez du général au particulier, de situations « réelles » à des modèles abstraits, ou du simple au plus complexe. Expliquez cette progression aux étudiant-e-s en détaillant le cheminement de votre récit (même si cela semble évident pour vous, ce ne sera peut-être pas le cas pour beaucoup d’entre eux).
  • Il peut être difficile pour les apprenant-e-s d’assimiler de nouvelles idées tout au long d’une période de 45 minutes. Il est donc judicieux de prévoir une ou deux pauses interactives de cinq minutes. Vous pouvez les utiliser pour poser des questions, résoudre un premier exercice ou vérifier des solutions, etc. Cela permet aux étudiant-e-s de consolider ce qu’ils ont entendu avant de passer à de nouveaux concepts. N’oubliez pas de prévoir du temps pour répondre aux questions.
  • Utilisez des supports audiovisuels (diapositives, tableau noir ou blanc, simulations, etc.) qui contribuent à rendre la structure de votre argumentation plus claire. Essayez de vous assurer que le support ne contienne pas trop d’informations pour éviter qu’il ne détourne l’attention des étudiant-e-s de votre propos.

3. Conclusion ou résumé :

Les enseignant-e-s estiment souvent qu’ils manquent de temps pour bien conclure, ce qui est fort dommage car une bonne conclusion peut vraiment aider les étudiant-e-s à comprendre comment la leçon s’intègre à l’ensemble du cours. De votre point de vue, il peut sembler que vous vous répétez, mais du point de vue de l’étudiant-e, c’est souvent l’occasion d’organiser ses idées et de mieux les assimiler. Avant que la cloche ne sonne vous pouvez :

  • Rappeler aux étudiant-e-s l’objectif du cours et faire un bref résumé des principaux points évoqués
  • Rappeler aux étudiant-e-s ce qu’il faut faire pour le prochain cours ou la prochaine série d’exercices
  • Prendre note des questions des étudiant-e-s et des points à préciser pour vous aider à préparer l’introduction du prochain cours

Pour davantage de soutien vous pouvez vous inscrire à l’atelier ‘Effective Lecturing‘ ou contacter un-e conseiller/ère pédagogique.

Apprentissage actif

Une métaphore courante de l’enseignement traditionnel décrit les étudiant-e-s comme des récipients vides que l’enseignant-e remplit de connaissances. Toutefois, depuis quelques décennies, les recherches sur l’éducation ont montré que l’apprentissage est un processus actif effectué par l’apprenant-e, par lequel chacun-e construit sa propre compréhension grâce à des liens aux connaissances et expériences préexistantes. C’est donc en donnant l’occasion aux étudiant-e-s de s’investir dans la nouvelle matière que les enseignant-e-s soutiennent au mieux l’apprentissage. En d’autres termes, ce que vous faites dans un cours est certes important, mais c’est ce que font vos étudiant-e-s qui est déterminant.

Il a plusieurs définitions de l’apprentissage actif, toutes axées sur l’idée que les étudiant-e-s sont activement impliqués dans le contenu pendant la durée du cours en lisant, en écrivant, en parlant ou en réfléchissant. S’il ne leur est pas demandé de bouger ou de s’exprimer, ils doivent toutefois s’investir dans un traitement actif et une mise en œuvre de l’information plutôt que de se contenter de la recevoir.

L’apprentissage actif est possible quelle que soit la taille de la classe, mais il peut être judicieux de choisir une approche adaptée à votre discipline, votre style d’enseignement et vos étudiant-e-s. Voici quelques exemples de la façon dont vous pouvez favoriser un investissement actif de vos étudiant-e-s pendant le cours :

  1. Pause : après ~15 minutes de cours accordez à vos étudiant-e-s 2 minutes pour revoir leurs notes, leur demander de noter leurs éventuelles questions, leur expliquer la terminologie qui serait obscure ou ajouter des informations complémentaires utiles à leur compréhension. L’objectif est de donner aux étudiant-e-s le temps d’intégrer activement les nouvelles informations et de les préparer à assimiler ce que vous allez leur présenter ensuite. Vous pouvez conclure en invitant les étudiants à poser des questions, mais ce n’est pas indispensable. Si les étudiants semblent réticents à poser des questions en classe, vous pouvez utiliser l’application SpeakUp qui permet aux étudiants de transmettre leurs questions via internet de manière anonyme et temporaire.
  2. Petit-papier : demandez aux étudiant-e-s de prendre une minute pour noter sur une demi-feuille leur réponse à une question spécifique (Calculer la température finale lorsque [O2] = 16 ppm. Proposer un système de contrôle approprié pour X.). La récolte des réponses anonymes vous fournit un retour immédiat sur la compréhension des étudiant-e-s et la nature de leurs difficultés.
  3. Clickers : sondez les étudiant-e-s en temps réel avec de petits boîtiers ou une application sur leur appareil mobile. Utilisez les résultats présentés dans les histogrammes générés automatiquement pour stimuler la discussion et sonder le raisonnement des étudiant-e-s. Pour plus d’informations, veuillez consulter la page http://clickers.epfl.ch
  4. Penser-Comparer-Partager : cette stratégie en 3 étapes consiste d’abord à faire réfléchir (Penser) les étudiant-e-s individuellement et écrire leur réponse à une question spécifique, puis discuter de leurs réponses avec un voisin (Comparer). Pour conclure, vous pouvez demander à quelques binômes de partager (Partager) leurs réponses avec toute la classe. Cette stratégie, qui diminue les obstacles à la participation en intégrant un temps de réflexion et l’occasion de vérifier une réponse avant de la partager devant toute la classe, est particulièrement pertinente pour les étudiants ne s’exprimant pas dans leur langue maternelle.
  5. Feuilles d’activités: élaborer une feuille d’activités à utiliser en cours par les étudiant-e-s peut les aider à traiter des informations complexes en leur faisant remplir chaque étape à un moment précis du cours. Cela leur permet d’appliquer immédiatement l’information et de l’assimiler. Vous pouvez choisir de faire travailler les étudiant-e-s seuls ou avec un voisin : un groupe d’étudiant-e-s peut gérer des tâches plus complexes et persévèrera plus longtemps.

 Pour davantage de soutien vous pourriez envisager de participer à l’atelier « Effective Interactive Teaching » ou contacter un-e conseiller/ère pédagogique.

Prise de notes

Bien que la prise de notes manuscrites soit un peu passée de mode du fait de la disponibilité d’un polycopié et de l’utilisation des ordinateurs portables, il est prouvé que les étudiant-e-s en apprennent plus quand ils ou elles prennent des notes manuscrites en classe. Si cela semble raisonnable dans votre contexte, vous pouvez donc encourager vos étudiant-e-s à prendre des notes manuscrites.

Toutefois, le volume et la complexité du contenu du cours dans l’enseignement supérieur peut rendre la prise de notes difficile pour les étudiant-e-s. Vous pouvez les aider à développer leurs compétences en la matière de plusieurs façons, et ainsi renforcer l’impact de leur participation :

  • Faites-leur explicitement part de la logique que vous avez suivie pour structurer le cours et donnez aux étudiant-e-s un aperçu du cours du jour pour leur permettre d’anticiper la mise en page et l’organisation de leurs notes.
  • Concevez vos polycopiés pour permettre aux étudiant-e-s d’ajouter des informations supplémentaires : il a été démontré que la qualité des notes des étudiant-e-s exige qu’ils ou elles aient suffisamment de place pour consigner des notes claires et bien organisées.
  • Encouragez les étudiant-e-s à utiliser des méthodes de prise de notes actives (en utilisant leurs propres mots, en identifiant des liens entre les sujets, en griffonnant toutes leurs éventuelles questions ou en soulignant les passages qui ne sont pas clairs) plutôt que passives (en soulignant des mots ou en retranscrivant le cours mot pour mot).
  • Initiez les étudiant-e-s à différents systèmes de prise de notes, tels que la méthode Cornell ou la technique du Mindmapping, en les encourageant à les tester pour trouver celui qui leur convient le mieux (une belle page d’Oxford en présente plusieurs). Suivant les cours, certaines de ces approches seront plus adaptées que d’autres, mais dans tous les cas il est utile pour les étudiants d’élaborer des abréviations et de prendre l’habitude de laisser beaucoup d’espace dans leurs notes pour permettre des modifications ou ajouts ultérieurs.